« Tsunami économique » , flambée des prix ayant la « puissance d’une catastrophe naturelle » : ces expressions de Louis Michel, commissaire européen au Développement, et de Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, pour qualifier l’inflation du prix des denrées de base à l’origine des émeutes de la faim, sont impropres et fallacieuses. Impropres, car la flambée des prix n’a rien d’un phénomène naturel : elle ne tombe pas du ciel comme surgit une tornade, mais résulte des conséquences logiques et prévisibles de choix macroéconomiques à différents niveaux. Fallacieuses, car elles laissent penser que nos responsables politiques ne peuvent réagir qu’à posteriori, endossant le rôle du bon samaritain envers des victimes nécessiteuses, gommant ainsi leur part de responsabilité dans le déclenchement de la situation actuelle.