La crise, une chance pour l'ESS ?
Source : AlpeSolidaires
La crise du système financier international ayant contaminé le reste de l'économie, les modes de faire et les alternatives proposées par l'économie sociale et solidaire (ESS) reviennent sur le devant de la scène. L'année 2009 marquera-t-elle un tournant pour l'ESS ?
Un parfum d'ESS flotte dans l'air
Les pistes de l'ESS, fondées sur la coopération, la proximité, la démocratie, la solidarité intéressent un public de plus en plus en plus nombreux, la recherche d'autres pratiques économiques. Les scandales financiers retentissants et leur impact en terme d'activité économique et de chômage sont venus encore souligner l'intérêt des initiatives économiques dont l'objectif n'est pas le profit mais qui cherchent à organiser une activité économique dans le respect de l'être humain. Rappeler que le capitalisme n'était pas une fin en soi était encore une hérésie il y a quelque mois et c'est désormais devenue presque tendance.
Interrogé par le Figaro, Xavier Kergall, président du Salon des entrepreneurs (4-5 février prochain à Paris et qui comprendra un espace de l'entrepreneuriat social) estime qu'on assiste « à une explosion de l'entrepreneuriat social et solidaire, avec des coopératives et autres Scop. (...) Pour ce qui concerne les domaines de création, on entre dans des champs entièrement nouveaux. Le « green business », les activités internet et techno, les services à la personne figurent au hit-parade des secteurs les plus porteurs.»
Le texte de loi de Grenelle 1, qui reste à adopter par le Sénat, s'intéresse également à la gouvernance des entreprises : « Construire une nouvelle économie conciliant protection de l’environnement, progrès social et croissance économique exige de nouvelles formes de gouvernance, favorisant la mobilisation de la société par la médiation et la concertation. »
Les résultats des dernières prud'hommales (+9 % pour les listes ESS) sont venues conforter cette tendance.
Innovation et pérennité des activités
On le voit, la dynamique de l'ESS qui hier innovait dans le domaine des services à la personne, défriche aujourd'hui dans les secteurs de l'éco-construction, la consommation responsable ou encore des finances solidaires. Les entreprises de l'ESS, associations, coopératives et mutuelles démontrent chaque jour que des alternatives existent avec une vision de long terme, préférant la création de richesses durables à la recherche de la rentabilité maximale. Privilégiant le développement local, l'économie de proximité, les structures ESS qui représentent tout de même 10 % des emplois en France ont donc toute leur place dans l'économie de demain.
Si les banques de l'ESS n'ont pas été exemptes de tous reproches dans la crise actuelle, les ferments sont tout de même présents pour défendre une autre approche économique, plus proche des services rendus à la population que d'une poursuite de rentabilité maximale.
Un autre-modèle à défendre
Malgré ces résultats tangibles, les restrictions budgétaires n'ont pas attendu la crise financière pour menacer le financement du champ associatif et singulièrement de l'éducation populaire (le collectif « Associations en danger » appelle d'ailleurs à la mobilisation le 29 janvier). Alors que les collectivités locales semblent avoir compris l'impact de l'ESS en terme d'utilité sociale, l'État n'a semble-t-il pas pris la mesure du changement d'approche à opérer en ces temps difficiles. La relance passe aussi par l'ESS.
- 303 lectures
- Ajouter un commentaire



