"L’économie sociale et solidaire constitue un vivier d’emplois et d’initiatives qu’il nous faut accompagner"
Source : Rhône-AlpeSolidaires
Jacques Gérault, préfet de la Région Rhône-Alpes et préfet du Rhône répond à nos questions.
Comment jugez-vous l’impact des activités de l’économie sociale et solidaire en Rhône-Alpes ?
Avant toute chose, permettez-moi de rappeler que l’économie sociale et solidaire (ESS) rassemble un vaste ensemble de structures qui sont des groupements de personnes et non de capitaux. Associations, coopératives, mutuelles et fondations partagent des valeurs communes : non lucrativité, démocratie interne, projets d’utilité sociale et collective. Face à cette hétérogénéité, nous avons, en Rhône-Alpes, depuis 2003, mis en place avec la Direction régionale de l’INSEE un ambitieux programme d’études statistiques sur le poids économique de ce secteur. Cela s’est traduit en 2003 par une étude sur l’ensemble de la région faisant apparaître 170 000 emplois (10% de l’emploi salarié régional). En 2007, nous avons étudié les vingt-sept zones d’emplois de la région. Cette étude territorialisée nous a permis de relever une augmentation de l’emploi dans ce secteur (210 000 postes soit environ 10% de l’emploi). L’emploi constitue donc un indicateur du développement des activités de ce secteur.
Au-delà de la création d’emplois, il est intéressant de relever la capacité d’innovation que représente l’ESS. Dans le cadre des appels à projets mis en place par la Délégation interministérielle à l’innovation, l’expérimentation et à l’économie sociale (DIIESES) en 2006 – 2007, 21 projets ont bénéficié de 620 000 € de subventions et d’accompagnement spécifique. Au travers de ces projets, de nouvelles initiatives ont été encouragées. Celles-ci concernaient les domaines du logement, des emplois de proximité, des services à la personne et de la création d’activités économiques. L’économie sociale et solidaire constitue un vivier d’emplois et d’initiatives qu’il nous faut accompagner.
Y-a-t-il un enjeu à mettre en cohérence la politique de cohésion sociale et le soutien à l’économie sociale et solidaire ?
L’économie sociale et solidaire constitue un secteur d’avenir. Sa capacité à apporter des réponses concrètes et fiables à nombre de problèmes et d’aspirations constitue une chance pour notre société . L’on perçoit actuellement dans le cadre des politiques de cohésion sociale, des services de proximité, des services à la personne, des pistes de développement. L’on pourrait aussi, dans d’autres domaines, parler des initiatives concernant l’environnement (Grenelle de l’environnement), et la lutte contre la pauvreté (Grenelle de l’insertion). La caractéristique et la force de ce secteur est que l’on y retrouve des citoyens qui souhaitent participer quotidiennement aux grands défis auxquels nous sommes confrontés en ce début du XXIe siècle.
L’économie sociale et solidaire se situe dans tous les secteurs de l’activité économique et sociale de notre pays et est, par nature, transversale et non délocalisable.
L’enjeu se situe dans le repérage, l’accompagnement et le développement d’initiatives « innovantes » et sources d’avenir.
Cela ne cantonne-t-il pas l’économie sociale à une dimension « sociale » alors même qu’elle développe de nouvelles activités économiques ?
On ne peut cantonner l’économie sociale et solidaire à une seule et unique dimension. Comme je vous le précisais à l’instant ce secteur se caractérise par sa transversalité. C’est un secteur aux domaines et aux modalités d’intervention très diversifiés. Ce foisonnement d’initiatives est producteur de richesses, d’innovation et de dynamique sociale.
L’économie sociale et solidaire souffre manifestement d’un manque de visibilité. Ce qu’elle représente sur le plan économique en termes d’emplois (10 % de l’emploi salarié de la région), et de richesses mais aussi la culture qu’elle apporte en termes de réflexion et d’expérimentation commence a être connu et reconnu par les pouvoirs publics, les diverses instances économiques et sociales, le public en général. Dans de nombreux domaines diversifiés, les structures de l’ESS, qu’elles soient associatives, coopératives ou mutuelles, ont démontré, par le passé, leur capacité à proposer des réponses qui engendrent une activité économique. Il nous faut, au niveau de l’Etat, favoriser leur repérage et développer l’accompagnement afin de garantir leur pérennisation.
- 377 lectures
- Ajouter un commentaire



